Prix Goncourt, Houellebecq et le marketing

Par le 13 novembre 2010

Michel Houellebecq a enfin reçu le prix Goncourt ce 8 novembre. Il en est heureux et moi aussi car c’est un écrivain que j’apprécie. De plus, cela faisait plusieurs années qu’il était pressenti. Le lien entre le prix Goncourt et Michel Houellebecq est consacré maintenant et cela lui fera sans doute doubler voire tripler les ventes de son dernier ouvrage. Quant au lien entre Michel Houellebecq et le marketing, il tient, pour moi, aux personnages et au contexte de ses romans. le prix Goncourt est une occasion de le signaler.

Prix Goncourt, Houellebecq et le marketingLe quotidien d’une société de consommation

Les romans de Michel Houellebecq ancrent des personnages dans un quotidien qui se situe dans le monde contemporain,  c’est à dire dans une société de consommation. Qui dit société de consommation, dit marketing. Un marketing dont Michel Houellebecq décrit les rouages et nous les distille par touche dans ses romans. Je citerai deux romans:

Plateforme, 2001

Bien évidemment, la description de cadres marketing dans leur course à la performance et  à « l’avantage concurrentiel » n’est pas flatteuse pour les marketeurs. Néanmoins, dans Plateforme, l’auteur cite quelques outils que le marketing utilise encore:  » Elle se souvenait de l’argumentaire CAP/SONCAS qu’elle avait appris à maîtriser au cours de ses années d’études (Caractéristiques- Avantages- Preuves / Sécurité- Orgueil- Nouveauté- Confort- Argent- Sympathie) ».

La carte et le territoire, 2010

Simplement quelques extraits de La carte et le territoire: « Il avait toujours vu en eux des clients atypiques, pas du même âge ni du même milieu que le reste de sa pratique, en somme ils ne faisaient pas partie de son coeur de cible. » Et puis si le héros du roman, Jed Martin est étonné de voir le policier « arriver au volant d’une Mercedes Classe A », c’est que celle-ci « est la voiture idéale d’un vieux couple sans enfants, vivant en zone urbaine ou périurbaine (…). Entrée de gamme de la firme à l’étoile, c’est une voiture discrètement décalée. »

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Phil Gérard Il y a 10 années

Enfin ! En effet ! Après l’avoir raté à deux reprises, avec de précédents romans qui le méritaient bien davantage que ce dernier opus… à l’écriture passablement affadie. Mais formaté, semble t-il, aux convenances du temps.
La relecture — active — de l’éditrice des éditions Flammarion, Teresa Cremisi, n’est sûrement pas étrangère à cette soudaine ambiance « Mainstream » qui plane sur le dernier roman de l’auteur. Jusqu’à lui faire obtenir la récompense littéraire suprême. Voilà sans doute le lien le plus évident entre le marketing… et Houellebecq !
Espérons que cette consécration malgré tout méritée, le délivre du souci de la reconnaissance et du tintement des glorioles, pour lui rende la liberté d’écrire.

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Van Laethem Nathalie Il y a 10 années

Tout à fait d’accord Philippe

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